Publié le mardi 24 février 2009

Réflexions du fauteuil : l’indépendance du PQ ou comment changer 4 trente sous pour une piastre

24 02 2009

 

Depuis le début de la récession, le parti québécois s’est trouvé une nouvelle plateforme pour faire la promotion de la souveraineté. Pauline Marois l’a réaffirmé la fin de semaine dernière, le PQ croit que la crise économique est une excellente occasion de prouver que l’indépendance est LA solution pour faire du Québec la terre miraculée de l’économie mondiale. Je crois qu’affirmer une telle chose est une insulte à l’intelligence (je reprends ici la même expression qu’André Pratte de La Presse, vous pouvez me lancer des roches) et contredit la réalité actuelle.

La terre miraculée de l’économie mondiale nous l’habitons déjà. Ça s’appelle le Canada. C’est un membre du G8 qui réunit les pays les plus riches du monde et en cette période trouble, c’est celui qui s’en tire le mieux jusqu’à maintenant.  Même à l’époque où j’étais un indépendantiste inconditionnel, je n’ai jamais cru qu’un Québec indépendant serait aussi fort économiquement qu’il l’est au sein du Canada. C’est mathématiquement impossible. Ça ne veut pas dire que notre économie ne serait pas en santé, mais elle serait fragilisée, parce que dans le contexte nord-américain, notre influence serait moins grande. Prenons l’exemple de la tentation protectionniste actuelle des Américains. La combattre est présentement la priorité du Canada, parce que 75 % de nos exportations se font aux États-Unis, la même chose pour le Québec. Le Canada a le poids politique et financier pour négocier avec les Américains. Un Québec indépendant serait complètement déclassé dans un tel contexte. Il n’aurait ni le poids politique, ni l’importance économique pour négocier avec nos voisins du sud. En prime, il faudrait aussi combattre le protectionnisme canadien qui, il ne faut pas en douter, serait aussi une grande tentation pour nos anciens compatriotes.

Tout cela est de toute façon un faux débat. Dans un pays riche comme le nôtre, faire l’indépendance pour des raisons économiques n’a aucun sens. Ce n’est pas pour cela que j’ai été indépendantiste. C’était pour assurer la survivance de mon peuple. Pas la survie économique, mais la sauvegarde de ma culture et de ma langue. Après avoir pris le pouvoir en 1976, le PQ s’est en quelque sorte retrouvé piégé. En promulguant la loi 101 et toutes les autres mesures de protection de notre avenir, il a fait la démonstration qu’il était possible de survivre au sein du Canada. Après la défaite au référendum de 1980, il a complètement changé de stratégie et centré ses arguments autour l’économie. Ce virage a été une grave erreur et l’a complètement discrédité à mes yeux.

Le Parti Québécois a renié ses origines le jour où il a abandonné le projet de bâtir le pays utopique dont nous rêvions dans les années 60 et 70 pour se transformer en comptable qui aligne des colonnes de chiffres en essayant de nous démontrer que sa méthode se calcul est meilleure que celle du Canada. C’est comme s’il essayait de nous convaincre que nous ferions une très bonne affaire en changeant 4 trente sous canadiens pour une piastre québécoise. Le problème, c’est que selon son projet, le dollar québécois serait encore le dollar canadien parce que nous garderions la même monnaie, tout en perdant une grande partie de notre influence sur sa valeur. Où est le gain? Pauline Marois elle-même a déjà prédis qu’après la souveraineté, le Québec vivrait une période de tourmente économique qui durerait cinq ans. Je suis d’accord, mais en plus, je suis convaincu que par la suite nous ne retrouverions jamais le niveau de vie que nous connaissons actuellement.  

Je crois de plus en plus que notre survie repose sur notre démographie avec ou sans l’indépendance. Moins nous serons nombreux, plus nous serons en danger. Je vous en reparle cette semaine.

Chemin vers mon autre blogue: http://lesbulles.monblogue.branchez-vous.com/

 





1 Commentaire :

Commentaire écrit le mardi 24 février 2009 à 19:21:25 (lien)
L\'avocat du Diable
Avant même de penser à la souveraineté il faut commencer par décrétiniser les imbéciles heureux qui forment la majorité des résidents de cette province.

C'est encore plus dangeraux de faire l'indépendance avec 15 millions d'imbéciles heureux qu'avec 7 millions.

Première leçon du cours «Souveraineté 101»

Comment se respecter en apprenant à se tenir debout.




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